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La « Kid influence » a la cote (et on comprend pourquoi)

Le classement Forbes du Youtubeur le mieux payé est sans appel : pour la seconde année consécutive, c’est le petit Ryan Kaji, 8 ans, avec sa chaîne « Ryan’s World » qui conserve la première place avec plus de 26 millions de dollars empochés en 2019.  Avec près de 24 millions d’abonnés et plusieurs vidéos dépassant le milliard de vues, ce jeune américain a un job de rêve : tester des jouets et en faire une « review » pour sa communauté.

Sa fortune, Ryan la doit aux marques de jouets qui le payent gracieusement pour essayer en avant-première leurs nouveaux produits. L’engouement autour du jeune garçon est tel, que les parents du petit millionnaire ont accepté de signer un partenariat avec le mastodonte américain de la distribution Walmart, afin de faire de Ryan l’égérie de sa propre marque de jouet. Et les équipes de communication et du marketing du géant semblent décidées à mettre toutes les chances de leur côté pour qu’il conserve sa place de Youtubeur le mieux payé au monde.

Cette folie des « mini-influenceurs » prend également une ampleur inattendue en France : du jour au lendemain, certains parents qui filmaient leurs enfants déballant leurs jouets finissent eux-mêmes par quitter leurs activités professionnelles pour se consacrer pleinement au business généré par leur progénitures. L’importance des revenus créés et la particularité du statut des enfants ont poussé les pouvoirs publics à (enfin) réagir. En effet, les députés ont adopté une proposition de loi visant à renforcer la législation autour de ces « nouvelles pratiques ». Il est ici question de mieux encadrer le phénomène, afin de combler un vide juridique qui s’était créé au fil du temps en l’absence d’une législation définie.

Mais ce n’est malheureusement pas le seul problème lié à « l’influence » sur les réseaux sociaux. Elle est aussi devenue le nid de nombreuses arnaques et de contenus douteux comme c’est le cas pour les fakes influenceurs, qui sont un réel problème pour les marques aujourd’hui. Pourquoi ? Car de nombreux faussaires arrivent à convaincre les marques de leur légitimité à l’aide d’achat d’influence en ligne et de trucage des données. Des pratiques illégales qui vont bon train sur les réseaux sociaux, débouchant sur des scandales qui éclaboussent les plus grosses stars de l’influence en France et dans le monde. Dans la même mouvance, on trouve également des faux partenariats. Une méthode simple mais efficace qui s’est démocratisée récemment : des « petits influenceurs » créent de faux post sponsorisés pour ensuite récolter de réelles collaborations payantes avec les marques.

Tout cela nous invite à nous poser un certain nombre de questions sur l’importance que prend ce type de partenariats sur le web. L’influence est un levier qui peut rapporter gros, surtout quand il est manié avec précision et qu’il est en plus allié à un contenu de qualité. On peut donc légitimement se demander si la multiplication de ces mauvais comportements va finalement entraîner la mise en place de vraies règles entre les influenceurs et les marques, ou à minima d’une charte de bonne conduite et d’une meilleure vérification des informations en amont. Pour perdurer, le marketing de l’influence devra être plus encadré pour ne pas perdre un public déjà très attaché à ces nouveaux acteurs de la communication.